Expositions - Amelie, Maison d'art

Expositions

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GALERIE SEGUIER

PORTES OUVERTES

Anima Mundi

Du 21 au 30 juillet

Nous sommes ravis de vous présenter les oeuvres récentes de Virginie Hucher lors d'une journée portes ouvertes ce samedi 23 Juillet au 18 rue Séguier, 75006 Paris.

Anima Mundi

Derrière des formes, des fonds organiques, travaillés par jus de peinture et frottements. Les aspérités leur donnent un aspect tumultueux et lyrique qui contraste avec les entités qu’ils accueillent. Comme des vagues ou des sables mouvants, ils bougent et se dispersent. Ils pourraient s’évaporer complètement si les motifs de lignes ou de grillages ne les arrimaient au réel de la toile. La grille est frontale et elle est neutre. Chez les théoriciens de la Renaissance, la grille est utilisée comme système pour construire l’image en perspective. Dans un texte célèbre, « Grids », publié en 1979 dans la revue October (n°9), Rosalind Krauss analyse dans le motif de la grille les contradictions entre, d’une part, la forme pure et essentiellement moderne et, de l’autre la rémanence d’une fenêtre symboliste qui, selon elle, « se fait passer pour un traité d’optique ». Elle écrit : « Le pouvoir mythique de la grille tient à ce qu’elle nous persuade que nous sommes sur le terrain du matérialisme (parfois de la science, de la logique) alors qu’il nous fait en même temps pénétrer de plein pied dans le domaine de la croyance. »

Cette association desopposés est intrinsèque au travail de Virginie Hucher. La grille, en l’occurrence, relève autant d’une pure immatérialité que d’un rattachement au textile, à l’artisanat voire à la parole et au féminin. Répétée en all-over, elle allie une logique quasi mathématique et un espace-temps poétique. Aucune volonté, dans cette pratique, de choisir qui, du sacré ou de la matière, aura le dessus sur l’autre.

Au milieu de ces fonds quadrillés, centrées sur la toile comme des talismans, les formes de Virginie Hucher sont pleines et arrondies, tout en étant pénétrées de manière récurrente par des encoches plus ou moins profondes. Ces parties doucement évidées semblent fournir un terreau fertile à toute chose qui pourrait s’y glisser. Une chose aveugle est en train de creuser sa galerie dans ce qui apparaît être des embryons de limons ou de sillons, c’est- à-dire une forme naturelle chantournée propice à nourrir le vivant. Rétractiles comme des cornes d’escargot, ces entités sont dans le même temps tournées vers l’extérieur : elles tendent leurs appendices vers les bords de la toile et se démultiplient en une, deux ou trois, selon un principe de division cellulaire ou de parhélie, phénomène atmosphérique optique dans lequel le soleil devient double ou triple.

L’absence d’échelle ne permet pas de trancher sur la nature de la vision. D’un ordre à la fois microcosmique et macroscopique, il s’agit plutôt ici d’une cosmogonie picturale où la peintre ne tente pas tant de représenter la nature que les phénomènes qui la sous-tendent. « Pour peindre un arbre, deviens cet arbre» dit Virginie Hucher. «Si tu souhaites montrer cette feuille, sens la sève qui la fait grandir » Animisme pictural, pourrait-on dire.

D’autant que les formes se retrouvent identiques à elles-mêmes d’une toile à l’autre : si ce qui les entoure ne cesse de se transformer, elles conservent pour leur part la même « âme », comme si la métempsycose n’était pas le propre des êtres vivants mais pouvait également s’accorder aux formes géométriques. Suivant cette pensée, le dualisme qui oppose le corps et l’esprit, le sacré et le réel, le spirituel et le matériel parcourt autant l’abstraction que la figuration. Les formes abstraites, elles aussi, sont animées et agissantes et, elles aussi, sont constituées de matière autant que de lignes. En témoigne la plastique quasi sculpturale de l’artiste qui tend à troquer son pinceau pour des outils non traditionnels, - des bâtons, des ustensiles ou la main et l’avant-bras - qui grattent la surface picturale et la chargent d’une force prophylactique, c’est-à-dire protectrice. Ces formes abstraites sont douées de vie.

Elora Weill-Engerer Critique d’Art membre de l’AICA Commissaire d’exposition de CEA Mai 2022

HORS LES MURS

Festival International Design Parade

Virginie Hucher à la villa Noailles

Découvrez le travail de Virginie Hucher lors du Festival International Design Parade à Hyères, dans la Villa Noailles. La Design Parade est organisée par Lauranne Elise Schmitt et les œuvres des artistes rimer avec Méditerranée. Le président d’honneur pour l’édition 2022 est l’architecte d’intérieur Rodolphe Parente et la présidente du jury la designer néerlandaise Ineke Hans 

Photos : Lauranne Elise Schmitt  

EXPOSITIONS À VENIR

Les trames du possible - septembre 2022

Juliette Lemontey & Guido de Zan - Octobre 2022

Nick Mcphail - Octobre 2022

Victor Cadene - Décembre 2022

Nicolas Lefebvre- Décembre 2022

Photo Saint Germain - Novembre 2022

EXPOSITIONS PASSÉES

La beauté du geste

La création japonaise aujourd’hui

Du 9 juin au 9 juillet 2021

partir du 9 juin 2021, au 18 rue séguier à paris, Amelie maison d’art expose une sélection d’oeuvres et objets, qui mettent en lumière la beauté du geste d’artistes et de designers japonais. Cette exposition curatée par Amélie du Chalard et Johanna Colombatti, révèle l’attention portée au détail, notion essentielle de l’artisanat traditionnel japonais. 

C’est ainsi que viennent dialoguer plusieurs typologies de matières, telles que le textile, la paille, le verre, le bois, la céramique et le métal, dévoilant tout autant de savoir-faire d’exception. Chaque oeuvre a été conçue durablement, selon des procédés ancestraux, contribuant à sublimer le quotidien et à perpétuer la tradition de l’artisanat japonais. chaque créateur s’est attelé à révéler la beauté dans chacune de ses productions, d’une authentique virtuosité.

textile

Rieko Koga est une artiste contemporaine japonaise, née à Tokyo, qui vit et travaille actuellement à Paris. Elle exprime son univers à travers des fils et des aiguilles, en travaillant de manière spontanée les textiles. Rieko Koga va orner les murs de plusieurs toiles à l’occasion de l’exposition. Pour Rieko, l’acte de coudre est une prière, et elle croit dans les pouvoirs magiques de ses points de couture. Ses œuvres sont imprégnées de vœux enfouis à l’intérieur des coutures, vœux destinés à tous. Tressage de fibres végétales L’artiste japonaise Arko a créé trois œuvres contemporaines reprenant des techniques ancestrales de tressage de la paille de riz pour réintroduire dans la vie moderne des coutumes en voie de disparition. Elle a été finaliste du prix LOEWE Craft 2018. Tomoko Sakaki, artiste guidée par la spiritualité, bouscule les frontières entre l’art et l’artisanat, entre primitif et futur, pour créer des sculptures de paille contemporaines. Amélie et Johanna ont fait appel à Tomoko pour imaginer trois pièces sur mesure pour l’exposition.

verre

Saburo, studio de création de verrerie d’exception, est incarné par un couple, Mitsuhiko et Yuki Nakata Saburo. Ils présenteront une collection de bols en verre transparent dont les accents de couleurs projettent des ombres extraordinaires lorsqu’ils captent la lumière. Fabriqués à la main au Japon, ces bols sont tous subtilement différents et uniques. Nitta Yoshiko, maître verrier, a façonné pour Amelie Maison d’art 9 pièces de verrerie soufflées à la bouche, gravées de motifs givrés et transparents.

bois

Le studio BCXSY s’est associé à Seihachi Tanaka, maître Tategu japonais, pour créer un triple paravent ajouré, à travers lequel la lumière se diffuse graphiquement. Chaque pièce est fabriquée à la main en Hinoki (cyprès japonais), un bois élégant et agréablement parfumé, très résistant. Une seule pièce nécessite une variété d’outils différents qui sont souvent fabriqués sur mesure par l’artisan pour répondre à une tâche spécifique. Le paravent Join fait partie des collections permanentes du Victoria & Albert Museum et du musée d’art contemporain M+ de Hong Kong. Le studio Zougei, duo d’ébénistes sculpteurs, a imaginé une série de 6 tabourets uniques sculptés à la main dans des bois de recyclage voués à être jetés. C’est justement la beauté de l’imperfection du bois qui séduit l’artisan pour façonner ces objets d’une grande sensibilité.

céramique

Noe Kuremoto, céramiste, imagine une série de 6 vases traditionnels japonais Tsubo, en terre cuite émaillée. «La beauté peut-elle être éternelle ?». Une première série avait été présentée à l’occasion du salon Satellite de Milan en 2008. L’artiste florale, Miyoko Yasumoto, viendra animer les vases de Noe Kuremoto. Kazunori Hamana, qui vit et travaille à Chiba, au Japon, pêcheur et céramiste, présentera deux œuvres en céramique à l’occasion de l’exposition. Autrefois vendeur de vêtements vintage dans le quartier Harajuku de Tokyo, Kazunori Hamana, inspiré par son amour pour l’artisanat et les teintes profondes de la teinture indigo naturelle, crée aujourd’hui de grandes collections de jarres en argile, aux formes naturelles et textures irrégulières. Utilisant de l’argile provenant de la préfecture de Shiga, il affirme n’être que partiellement responsable du résultat de ses tsubo. «L’argile est une chose naturelle ; elle change. Je ne veux pas me battre avec la nature, alors je la suis», explique-t-il. Les pots irréguliers sont construits à partir de bobines et obtiennent leur surface unique grâce aux rayures et aux glaçures. Une fois le processus de cuisson terminé, il préfère laisser son travail à l’extérieur, sur des balcons baignés de soleil ou dans des bosquets de bambous ombragés. Les oeuvres de Kazunori Hamana renouent avec la simplicité et l’humilité d’une tradition vernaculaire de la céramique.

métal

Enfin, le visiteur pourra découvrir une série de vases, imaginée par le duo de designers déjà renommés Boaz Cohen et Sayaka Yamamoto (studio BCXSY). Délicatement fabriqués à la main à partir d’un treillis métallique, les vases Destilled Nature posent la question suivante : «La beauté peut-elle être éternelle ?». Une première série avait été présentée à l’occasion du salon Satellite de Milan en 2008.