La Fabrique du geste

La Fabrique du geste

Le musée d'art moderne, à peine restauré, plus vaste et plus lumineux, ouvre à nouveau ses portes sur cette magnifique  retrospective de ce peintre libre et novateur qui fut le pionnier de la peinture gestuelle : Hans Hartung.

"Pour les grandes huiles, je travaille comme ceci, (il se penche jusqu'au sol, se détend comme un sauteur, la main qui tient le pinceau bondit tout en haut de la toile). Souvent, j'érafle la première couche. Je m'en mets sur la figure, sur les lunettes, j'en projette au plafond, sur les vitres... Quand je pars du bas, j'ai un peu l'impression que j'arrache mon trait de la terre."

Maître de l'abstraction lyrique, Hartung expérimente différentes techniques sur différents supports, et toute sa vie sera une quête. Il peint en musique, la nuit sur du Bach ou du Vivaldi. On ressent toutes les pulsions de son monde intérieur dans le rythme de sa peinture.


Il réalise à l'aquarelle sur des feuilles de petits formats des oeuvres spontanées qu'il reproduit ensuite fidèlement sur des toiles de grands formats grâce à la technique de report avec quadrillages. Ceux sont ses premières toiles que l'on découvre dans la première salle.

Il a 50 ans lorsqu'il accède à la notoriété et ses recherches l'amènent à de nouvelles techniques : il griffe ses toiles, il les racle, il dessine avec des branches de genêts, il pulvérise, il projette, il brosse, il abrase ou il utilise des sprays aérosols. L'exposition suit un rythme chronologique et on voit bien  l'évolution de son travail au fil du temps. Des petits courts métrages nous le montrent à l'œuvre avec toute la spontanéité de son geste et la précision de son coup de pinceau.

"Le plaisir de vivre se confond pour moi avec le plaisir de peindre. Quand on a consacré toute sa vie à la peinture, quand on a essayé d'aller toujours plus loin, il est impossible de s'arrêter". Photographe parfois, sculpteur une fois lorsqu'il partage dans un grand dénuement l'atelier de Julio Gonzales, il ne cessera de peindre malgré son handicap.

La dernière salle expose les grandes toiles qu'il exécute à la fin de sa vie, très affaibli physiquement, jusqu'au bout avec fureur : il fabrique le geste!

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