Faire son temps

Faire son temps

La dernière rétrospective au Centre Pompidou remonte à 1984, c’est donc après 50 ans, que l’on retrouve l’artiste dans cette exposition conçue comme une œuvre en soi. Il n’y a pas de chronologies, les installations sont réalisées à différentes époques et se confrontent sans préambule ; « Faire son temps », le titre prend tout son sens, il signifie ici « fabriquer son existence », cette existence qui nous échappe car on ne peut pas lutter ; ni contre le hasard, ni contre son destin, ni contre le temps qui passe...

Ceux sont là les sujets qui obsèdent Boltanski ! (né à Paris en 1944 il a donc 75 ans « j’ai fait mon temps... » nous confie-t-il). 

Cette exposition se conçoit comme un chemin : il y a un départ et une arrivée ! Comme dans un train, un film de paysage défile sur le côté accentuant ainsi le sentiment du « Voyage ».

Vous dire que le parcours est paisible serait un gros mensonge ! A l’entrée, « L’homme qui tousse » (1969) dans la vidéo présentée,  nous accompagne pendant tout le trajet initiatique que nous propose Christian Boltanski... Les photos de tous ces regards que l’on croisent nous renvoient à notre propre fragilité ; à notre solitude face à notre disparition prochaine et inéluctable. Ici ce cœur qui bat au milieu de ces ampoules nues à l’éclairage crue accentue le sentiment d’une « tragédie humaine ».

Boltanski se dit pessimiste quand à la nature humaine et ces installations successives le traduisent bien. Il y a une forme de recueillement dans cette traversée, on ne parle plus, on ne rie pas, on chuchote dans cette pénombre habitée par tous ces fantômes. Une danse macabre comme un théâtre d’ombres est projetée sur des draps (Leçon de ténèbres 1986) ; c’est le spectacle de marionnettes de notre enfance qui prend une tournure dramatique.

On retrouve aussi ces empilements de boîte en métal avec des photos en noir et blanc collées sur chaque boîte (Réserve des Suisses Morts 1991), (Archives 1965-1988) On sent bien qu’il s’y cache un drame.

Enfin la vidéo : Animitas Blanc (2017) avec ces clochettes qui teintent au gré du vent nous donne un peu de répit.
Vous l’avez compris Boltanski nous invite ici à un voyage extraordinaire, une sorte de pèlerinage sur les traces de l’Humanité.
« Je ne peux pas mourir avant 2021, j’ai des engagements jusque-là »... Souhaitons lui longue vie!

Retrouvons vite L’Univers d’Amelie, apaisant et  reposant ... La vie est joyeuse aussi: les tableaux, dessins, gravures,  photos, sculptures  qu'Amelie sélectionne, sont le reflet de ce tempérament optimiste et gai qui porte avec brio l’énergie de sa Galerie Maison d’Art.

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