Joan Mitchell

Joan Mitchell

New York, 1950. 

Femme, riche, artiste et juive. Il fallait du courage et de la poigne pour se lancer !

Femme énergique, volontaire, exigeante, revendicatrice, caractérielle et même agressive parfois, Joan Mitchell est une des plus grandes peintres du XXème siècle. 

Peintre au talent fou, amie fidèle, amante amoureuse - elle fut la femme pendant 24 ans de Jean-Paul Riopelle - et belle-mère aimante (elle s'est beaucoup occupée de ses deux belles filles). Dans ses moments de doutes et de recherches, son tempérament s'aiguisait...Jean-Paul la surnommait « Rosa Malheur ». Robert Storr s'amuse lui à l'appeler « la pastorale furieuse ». Elle sentait bien cette fragilité et se disait être une femme la la fois forte et fragile : « Je suis la grande Joan et la petite Joan ». 

Tout ça se ressent dans sa peinture. Elle « était » sa peinture, pleinement et sincèrement.

Ecole de NY, dans les années 50. Elle fait partie du mouvement dit « expressionnisme abstrait » dont les chefs de fils sont Pollock et De Kooning. Puis on parlera d'impressionnisme abstrait en hommage aux maîtres impressionnistes.

Par amour, trentenaire, elle part s'installer en 1959 en France. En 1968, elle s'installe près de Giverny, à Vétheuil, et l'influence de Monet se ressent immédiatement dans son travail de l'époque (la série appelée « européenne »). 

Son départ en France est d'ailleurs une des raisons mis en avant pour justifier la méconnaissance tardive de sa peinture. Le texte de sa rétrospective en 2002 au Whitney Museum de New York prétend en effet que ce départ français a empêché de montrer son travail de façon régulière outre-atlantique. 

Sa peinture est gestuelle, mouvementée, saccadée, végétale. Coloriste, ses paysages abstraits sont d'une fraîcheur explosive. De la gaieté, un élan enthousiaste et parfois une certaine mélancolie. Une peinture vivante ! 

On sent son énergie vitale, un besoin impétueux de tracer sur la toile, une intensité entrainante !..Tous ces sentiments que je peux ressentir devant un Twombly ou un Rothko. 

Elle disait « si une peinture est bonne il n'y a rien à en dire », alors silence.

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