Une rétrospective de Lynette Yiadom-Boakye

Une rétrospective de Lynette Yiadom-Boakye

Initialement prévue en mai 2020, la rétrospective consacrée à Lynette Yiadom-Boakye à la Tate Britain n’a eu de cesse d’être repoussée. Après de longs mois d’attente c’est en novembre que les toiles élégantes et intemporelles de la londonienne d’origine ghanéenne rejoindront l'institution britannique. Portraits de femmes, de danseurs et silhouettes androgynes viendront habiller les murs du musée avant de continuer leur route vers le Guggenheim de Bilbao. Opportunité unique d’admirer ces oeuvres profondes que s'arrachent le monde de l’art mais que bizarrement l’on a trop peu eu l’occasion de voir.
 

À la fois familières et mystérieuses, les toiles de Lynette Yiadom-Boakye intriguent. On y reconnaît la technique, l’influence des grands maîtres portraitistes de la fin du XIXe siècle : Degas, ManetCaillebotte ou Sickert. Mais une urgence toute contemporaine s’est glissée entre les coups de pinceaux vifs et pressés. L’artiste, qui se décrit comme impatiente, ne passe jamais plus d’une journée sur une toile, rituel atypique qui lui permet de laisser place à l’improvisation et à la spontanéité, mais aussi de capturer le plus honnêtement possible les flux de son imagination. L’imaginaire est ici au coeur du processus créatif, les portraits sont ceux de personnages nés dans l’esprit fertil de l’artiste qui refuse catégoriquement de travailler avec des modèles. Cette liberté dans l’acte de création se retrouve sur la toile, il n’y a jamais de contexte, ni de cadre narratif ou spatio-temporel, l’oeuvre, extrêmement épurée, se concentre sur l’unique sujet : l’humain.

Autre spécificité du travail de l’artiste, tous ces corps gracieux, évoluant sur des fonds abstraits, ont la peau noire. Entre acte politique et banalité du quotidien, Lynette Yiadom-Boakye veut changer l’habitude que nous avons à exclusivement regarder des portraits de Blancs dans la peinture. Ces tons ambrés sont associés à des verts et rouges vifs, sublimes et raffinés. De l’esthétisme plein de sens.

 

Lynette Yiadom-Boakye : Fly In League With The Night

18 novembre 2020 – 9 mai 2021

Tate Britain, Londres

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